Quelle extinction ?

Celle des feux ou des espèces ?

Manon Thedrez

Ce dispositif s’active à la nuit tombée en dévoilant le choix qui s’offre à l’humanité : vaut-il mieux éteindre les lumières ou la faune et la flore ?


Aujourd’hui, 11 millions de points lumineux sont liés à l’éclairage public français. C’est 53% de plus qu’en 1990 où ils étaient 7,2 millions. Or la pollution lumineuse a des incidences directes sur la réduction de la biodiversité, de la faune comme de la flore. La « trame nocturne » est le nom d’une série de mesures visant à réduire l’éclairage public durant la nuit, de l’extinction totale à l’extinction partielle des lampadaires, en agissant sur la répartition et l’orientation de ces derniers, sur la durée d’éclairage, sur l’intensité lumineuse et la coloration des points lumineux.


Ressources documentaires


Références artistiques

  • Site Internet du laboratoire artistique fondé par Malte Martin, agrafmobile
  • Site Internet de l’agence c-album

le projet in situ

en savoir plus

Voici les principaux impacts négatifs de l’éclairage public sur les espèces.

Désorientation, épuisement

Désorientés par l’absence de visibilité des étoiles dues aux lumières ambiantes des villes, les oiseaux migrateurs peuvent tournoyer durant des heures et mourir d’épuisement.

Les insectes volants s’orientent la nuit grâce au ciel étoilé ou à la lune. Ils sont ainsi irrémédiablement attirés par tous les éclairages artificiels où la plupart d’entre eux meurent d’épuisement ou de prédation.

Habitat diminué, reproduction perturbée

Les mammifères terrestres : cervidés et autres espèces ont des difficultés à franchir une route éclairée. Le rayon d’action de ces espèces animales est donc restreint par la lumière artificielle.

La communication lumineuse des lucioles pour attirer le mâle est brouillée par la pollution lumineuse, ces animaux désertent alors les espaces éclairés.

Prédation modifiée, alimentation perturbée

La lumière artificielle agit comme un piège attirant pour les insectes, poissons… provoquant une augmentation de leur prédation. La lumière perturbe les habitudes de chasse de certaines espèces qui sont incapable de chasser lorsque l’obscurité n’est pas totale. C’est le cas des rapaces nocturnes facilement éblouis par la lumière ou de certaines chauves-souris qui ne s’adaptent pas à la lumière.

Rythme et saisonnalité perturbés

La lumière artificielle désynchronise les horloges biologiques des animaux comme celles des plantes. Ne sachant plus faire la différence entre l’aube et la nuit, les oiseaux mâles chantent jusqu’à l’épuisement toute la nuit.

Un excédent de lumière désynchronise fortement la saisonnalité des végétaux (apparition/disparition des fleurs et des feuilles) mais induit également un stress chez certaines espèces pouvant conduire à des maladies.
Les fleurs soumises à des éclairages sont moins visitées par les pollinisateurs nocturnes que dans une prairie dépourvue de lumière. Cette pollinisation réduite se répercute sur la production de fruits.

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